Les maladies auto-immunes ne sont pas associées à de moins bons résultats après une transplantation pulmonaire

Autrice : Patricia Inácio, PhD

 

Les personnes atteintes de maladies auto-immunes comme la sarcoïdose ne présentent pas de risque accru de moins bons résultats après une transplantation pulmonaire ou cardiopulmonaire par rapport aux personnes qui ne sont pas atteintes de telles maladies, selon une nouvelle étude menée dans un seul centre.

 

Les résultats montrant que les patients atteints de maladies auto-immunes s'en sortent aussi bien que les autres après de telles transplantations remettent en cause l'approche longtemps considérée comme la norme, qui consistait à leur refuser une transplantation pulmonaire par crainte de complications après la transplantation.

 

« Tous les patients atteints d'une maladie auto-immune entraînant de graves lésions pulmonaires et qui envisageraient une transplantation pulmonaire devraient être orientés vers un centre de transplantation pour une évaluation », a déclaré Jason H. Melehani, MD, PhD, coauteur de l'étude, dans un communiqué de presse.

 

Melehani, médecin en formation spécialisée en rhumatologie et en pneumologie au Stanford Medical Center, a présenté les résultats lors de l'édition virtuelle d'ACR Convergence, le congrès annuel de l'American College of Rheumatology, dans un poster intitulé « Survie globale des patients atteints de maladies auto-immunes systémiques après une transplantation pulmonaire ou cardiopulmonaire dans un seul centre universitaire de transplantation à haut volume d’activité : une étude de cohorte comparative ».

 

Les maladies auto-immunes systémiques sont une cause fréquente de lésions pulmonaires irréversibles, qui contribuent à des maladies pulmonaires graves et à une mortalité précoce. Dans la plupart des cas, la transplantation pulmonaire est la seule option pour ces patients, mais de nombreux centres de transplantation les excluent de l'intervention en raison de préoccupations concernant leurs résultats après la transplantation.

 

Plus précisément, les médecins craignaient que le système immunitaire excessivement réactif de ces patients ne provoque des complications après la transplantation ainsi que des lésions en dehors des poumons.

 

« En raison de leur maladie systémique et de leurs traitements immunosuppresseurs antérieurs, les patients atteints de maladies auto-immunes présentent des difficultés particulières lorsqu'ils subissent une transplantation pulmonaire. Étudier et surmonter ces difficultés est essentiel pour pouvoir proposer cette intervention salvatrice aux nombreux patients qui en ont besoin », a déclaré Melehani.

 

Afin de déterminer si les résultats des patients atteints de maladies auto-immunes après une transplantation pulmonaire diffèrent à ce point de ceux des personnes qui n'en sont pas atteintes, des chercheurs de l'Université de Stanford à Palo Alto, en Californie, ont mené une analyse rétrospective des patients ayant reçu une transplantation pulmonaire ou cardiopulmonaire dans ce centre entre 2005 et 2019.

 

Au cours de cette période, un total de 75 patients transplantés présentaient des troubles auto-immuns systémiques, dont 17 atteints de polyarthrite rhumatoïde, 16 de sclérodermie, 15 de sarcoïdose, 14 de myosite inflammatoire idiopathique, huit du syndrome de Sjögren, quatre de connectivite mixte et un de lupus érythémateux systémique.

 

À titre de témoins, les chercheurs ont inclus un groupe de 152 patients sans maladie auto-immune, qui avaient également reçu une transplantation au cours de la même période. Deux témoins ont été appariés à chaque patient selon l'âge, le sexe, l'année de la transplantation, la cause de la transplantation (par exemple, une pneumopathie interstitielle plutôt qu'une hypertension pulmonaire) et le type d'intervention (transplantation d'un seul poumon, des deux poumons ou cardiopulmonaire).

 

L'objectif de l'étude était de déterminer les taux de survie des personnes avec et sans maladie auto-immune après leur transplantation. Les résultats ont montré que 79,4% des personnes atteintes de maladies auto-immunes et 90,3% du groupe témoin étaient en vie un an après la transplantation, et que 54,9% et 57,7%, dans les groupes respectifs, avaient vécu au moins cinq ans après la transplantation.

 

Bien qu'une analyse complémentaire ait montré une tendance à une meilleure survie dans le groupe sans maladie auto-immune, les résultats n'ont pas atteint le seuil de significativité statistique, ce qui indique l'absence de différences significatives de survie entre les groupes.

 

Dans l'ensemble, ces résultats montrent que les patients atteints de maladies auto-immunes et d'une maladie pulmonaire grave ne présentent pas de risque accru de moins bons résultats après une transplantation pulmonaire ou cardiopulmonaire.

 

« Ces données, ainsi que les rapports antérieurs d'autres centres, font de la transplantation pulmonaire une option thérapeutique importante, y compris chez les patients atteints de maladies auto-immunes systémiques. Cette étude servira de point de départ à nos efforts pour améliorer le traitement et les résultats de cette population de patients », a déclaré Melehani.

 

Source : https://sarcoidosisnews.com/news/autoimmune-conditions-not-linked-worse-lung-transplant-outcomes/

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